Les dirigeants africains réunis à Addis-Abeba pour un sommet extraordinaire de l'Union Africaine ont adopté une feuille de route accélérée pour la mise en œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Ce texte prévoit la suppression progressive des droits de douane sur 90 % des produits échangés entre les pays membres d'ici à 2030.

La présidente de la Commission de l'UA a salué « une avancée historique pour l'intégration économique du continent ». Le commerce intra-africain ne représente actuellement que 18 % du commerce total des pays membres, contre 68 % pour l'Union Européenne, un écart que la ZLECAf vise précisément à combler.

Les débats les plus âpres ont porté sur les règles d'origine, qui déterminent quels produits peuvent bénéficier de la suppression des droits de douane. Un compromis a finalement été trouvé sur la base d'une valeur ajoutée locale minimale de 35 %, un chiffre jugé réaliste par les experts.

Le secteur agricole, qui représente la majorité des échanges entre pays africains, bénéficiera d'un régime transitoire de dix ans pour permettre aux filières les plus fragiles de s'adapter à la concurrence continentale accrue.

Les pays membres ont également décidé de renforcer le Secrétariat de la ZLECAf basé à Accra et d'allouer un budget additionnel de 50 millions de dollars pour financer l'assistance technique aux économies les moins développées dans leur processus de libéralisation.