Des frappes aériennes menées par l'armée tchadienne sur des îles du lac Tchad ont « fait de lourdes victimes parmi les pêcheurs nigérians ». Les opérations militaires visaient spécifiquement les positions de Boko Haram sur l'île de Shuwa, à proximité de la frontière tchadienne, mais ont entraîné des pertes civiles importantes.
Un responsable local indique que « 40 pêcheurs sont portés disparus et seraient probablement morts noyés ». Les victimes proviennent principalement de Doron Baga et de l'État de Taraba. Ces pêcheurs opéraient sur ces îles avec l'accord tacite de Boko Haram, en versant une taxe aux djihadistes pour accéder aux zones de pêche.
Depuis 2009, le lac Tchad est devenu un bastion pour Boko Haram et le groupe État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP). La force multinationale régionale, censée contenir ces groupes armés, demeure affaiblie après le retrait du Niger en 2025, réduisant sa capacité opérationnelle dans la région.
Cette tragédie illustre la complexité de la situation sécuritaire dans le bassin du lac Tchad, où les populations civiles — souvent contraintes de négocier leur survie avec les groupes armés — se retrouvent prises dans les feux croisés des opérations militaires régionales. Les gouvernements du Nigeria et du Tchad ont ouvert des consultations pour éviter de nouvelles bavures.