Le Tchad a décrété l'état d'urgence dans la province du Lac après des attaques attribuées à Boko Haram qui ont causé la mort d'au moins 26 militaires. Le chercheur Vincent Foucher note que les jihadistes de la faction Jama'atu Ahlis Sunna comprennent qu'« il va y avoir une contre-attaque » et se retirent délibérément vers les îles et zones marécageuses du lac Tchad après des assauts de grande envergure.
Selon l'analyse de Foucher, ces raids visent principalement à affaiblir l'armée tchadienne avant de laisser l'offensive militaire se dérouler. Pendant ce temps, les forces armées conduisent des opérations dans toute la région, parfois soutenues par des frappes aériennes. Le lac Tchad demeure une zone de sécurité active malgré la présence de la Force Multinationale Mixte représentant plusieurs pays régionaux.
Ces attaques s'inscrivent dans une stratégie de guerre d'usure menée par Boko Haram et l'ISWAP depuis plus de quinze ans. La porosité de la frontière entre le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Cameroun facilite les mouvements des combattants, rendant les opérations militaires conventionnelles particulièrement difficiles.
La situation dans la province du Lac reste préoccupante : des dizaines de milliers de civils sont déplacés, les activités économiques paralysées et l'aide humanitaire entravée par l'insécurité persistante. La communauté internationale appelle à une approche globale combinant sécurité, développement et dialogue pour résoudre durablement la crise.