Les chefs de la diplomatie des quinze États membres de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) se sont retrouvés hier à Abuja pour une session extraordinaire consacrée à la situation sécuritaire au Sahel. Cette réunion intervient dans un contexte de multiplication des incidents frontaliers et de tensions croissantes entre certains membres de l'organisation.

La session a permis d'adopter une « déclaration commune sur la paix et la sécurité » qui appelle toutes les parties à « la retenue maximale » et « au dialogue comme seule voie de résolution des différends ». Le texte mandate la Commission de la CEDEAO pour dépêcher dans les meilleurs délais une mission de médiation de haut niveau.

Le représentant spécial des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest, présent à la réunion en qualité d'observateur, a réitéré la disponibilité du Secrétaire général de l'ONU à soutenir tout processus de médiation. « La crise sécuritaire au Sahel dépasse les frontières nationales et requiert une réponse collective et coordonnée », a-t-il déclaré.

La France, qui maintient des forces militaires dans la région dans le cadre de l'opération Barkhane, a dit suivre « avec une vive préoccupation » l'évolution de la situation, sans pour autant s'impliquer directement dans les négociations entre États africains.

La prochaine étape sera un sommet des chefs d'État de la CEDEAO, qui devrait se tenir dans un délai de six semaines, selon les sources diplomatiques proches des négociations.