Trois ans après le lancement du programme national d'éducation inclusive, le ministère de l'Enseignement primaire dresse un premier bilan positif. Quelque 12 000 enfants en situation de handicap — difficultés visuelles, auditives, motrices ou cognitives légères à modérées — sont désormais scolarisés dans 1 800 classes ordinaires aménagées réparties dans soixante communes.
Ces classes bénéficient d'adaptations matérielles spécifiques : rampes d'accès, mobilier adapté, matériel pédagogique en braille et en langue des signes, mais aussi de la présence d'auxiliaires de vie scolaire (AVS) formés pour accompagner les élèves dans leurs apprentissages au quotidien.
Les résultats académiques des élèves inclus dans ce programme sont encourageants : 78 % ont progressé d'au moins un niveau de lecture en une année, et le taux d'abandon scolaire dans ce groupe a chuté de 34 % à 8 %, soit un niveau comparable à celui des élèves sans handicap. « Ces chiffres prouvent que l'inclusion fonctionne quand elle est bien accompagnée », souligne la directrice de la scolarisation des élèves en situation de handicap.
Le programme a également bénéficié aux enseignants, qui ont reçu des formations initiales et continues sur la pédagogie différenciée. Une plateforme numérique de partage de ressources pédagogiques adaptées a été créée et compte déjà 4 500 utilisateurs actifs.
L'objectif pour les cinq prochaines années est d'étendre le programme à l'ensemble des communes, soit 77 en tout. Un budget additionnel de 8 milliards de francs CFA a été demandé dans le cadre du prochain budget de l'État pour financer cet élargissement.