Le cinéma africain s'est illustré avec éclat sur la Croisette. Djimon Fanou, réalisateur béninois de 38 ans, a reçu vendredi soir le Prix du Jury dans la section Un Certain Regard pour son second long-métrage « Traces » (Empreintes), sous les acclamations d'une salle debout au Palais des Festivals.
« Traces » raconte l'histoire d'une femme âgée qui retourne dans son village natal après quarante ans d'absence pour retrouver la trace d'une vieille photo de famille. Le film, tourné intégralement au Bénin avec une équipe locale de jeunes techniciens, est interprété par la comédienne Joséphine Kpossou, révélation du festival.
« Je dédie ce prix à tous ceux qui croient que nos histoires méritent d'être racontées et vues dans le monde entier », a déclaré Fanou depuis la scène du Grand Théâtre Lumière, visiblement ému. Il a remercié son producteur et la chaîne de télévision panafricaine qui a co-financé le projet.
Le film avait déjà été sélectionné dans plusieurs festivals en Afrique et en Europe, remportant notamment le Grand Prix du Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou. Sa sortie en salle en Europe est prévue pour l'automne prochain, et des discussions sont en cours avec plusieurs distributeurs nord-américains.
Ce prix cannois constitue une reconnaissance internationale sans précédent pour le cinéma béninois et devrait encourager les investissements dans la production audiovisuelle locale, un secteur encore fragile malgré un vivier de talents évidents.